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| Tuesday, 17 April 2012 16:51 |
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EDITORIAL L’ère pendant laquelle l’exploitation minière était perçue comme une activité de rente par les pays africains tire à sa fin avec l’appel de la plupart d’entre eux à transformer l’exploitation minière en une activité élargie de croissance et de développement qui est une composante clé d’une économie diversifiée dynamique et en voie d’industrialisation. Dans la période qui a précédée aux indépendances, les pays africains riches en ressources minières en tant que entités colonisés n’avaient aucun contrôle sur l’exploration de leurs minerais par les colonisateurs tels que la Grande Bretagne dans les cas du Ghana, de la Zambie et du Zimbabwe, et la Belgique dans le cas de la République Démocratique du Congo. En fait, les minerais de ces pays étaient pillés par les maîtres coloniaux qui se souciaient peu de les utiliser pour développer ces pays. Immédiatement après les indépendances, la plupart des pays africains, en réaction aux siècles de « pillage » par les maîtres coloniaux ont décidé de nationaliser leurs opérations minières. Malheureusement, étant donné qu’ils ne disposaient pas du savoir-faire, de la technologie et des capitaux entre autre pour maintenir les mines en activité et en raison des machinations des maîtres coloniaux, ils n’ont pas pu assurer la durabilité des opérations minières. Des les années 80, la plupart des mines s’étaient effondrées et ce phénomène a coïncidé avec les difficultés économiques dans lesquelles la majorité des pays africains se retrouvaient. D’où l’intervention des institutions de Bretton Woods, la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International, qui étaient devenus les gouverneurs économiques des pays africains et en l’occurrence les auteurs des régimes miniers très libéraux qui offraient les mines sur un plateau d’argent aux maîtres coloniaux représentés par les conglomérats multinationaux d’exploitation minière comme AngloGold Ashanti. Ces régimes impliquaient plus ou moins le retour à l’ère coloniale pendant laquelle les sociétés minières avaient la carte blanche dans leurs activités et rapatriaient leurs profits sans heurts. Le résultat est que les pays africains dotés d’abondantes ressources minières tiraient à peine profit de l’exploitation de ces minerais par les sociétés multinationales. Pire encore, toutes les sociétés minières opéraient comme des enclaves et avaient peu de liens avec l’économie locale. Tout ce que les pays hôtes obtenaient au titre de leurs minerais était des redevances et des impôts dont les taux étaient faibles au nom d’attirer les investissements étrangers directs. Par ailleurs, les sociétés ont bénéficié de l’essor des prix miniers alors que les pays africains n’ont vu aucun changement dans leurs recettes. C’est ce qui a poussé les pays comme la Zambie à introduire la taxe sur les profits exceptionnels (voir la page 11, le boom minier sans avantages) et la Tanzanie d’augmenter les taux de redevance, la Guinée à réviser son code minier, (Voir la page 7, Les réformes dans le secteur minier de la Guinée donne de l’espoir) et la République Démocratique du Congo à résilier quelques contrats miniers. Le gouvernement ghanéen dans son budget national de 2012 a également indiqué l’augmentation des taux de redevance et l’introduction d’un impôt sur les bénéfices exceptionnels entre autres en vue d’engranger plus de revenus provenant du secteur minier (Voir page 15, Poursuivre les réformes nécessaires dans le secteur minier). Ces efforts visant à redresser l’équilibre en matière de revenus miniers n’ont pas plus aux sociétés minières qui n’ont pas caché le fait qu’elles ne vont pas accepter cette mesure sans lutter. Certaines sociétés ont répondu par des menaces indirectes en qualifiant ces mesures de dissuasives et en disant qu’elles ne tiennent pas compte des accords existants. Cependant, dans l’ensemble, la bonne nouvelle est que les pays africains ont reconnu depuis 2007 la nécessité de renverser la situation pour ce qui concerne les Codes Miniers en vigueur en Afrique. Grâce à la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, CENUA, qui a mis en place un Groupe International d’Etude pour examiner les régimes miniers en Afrique et la Vision Minière Africaine de l’Union Africaines, des mesures sont prises pour corriger les lacunes dans ces régimes. Dans un rapport récent sur les Minerais et le Développement de l’Afrique, le Groupe International d’Etude a lancé un appel à examen total des régimes miniers en Afrique pour non seulement pour briser sa nature « d’enclave coloniale mais aussi pour le faire passer d’une activité primaire à une activité industrielle qui a des liens avec toute l’économie. (Voir la page 14, la politique minière doit être lié à la politique de développement. La Vision Minière Africaine, par exemple, lance un appel à un secteur minier africain axé sur les connaissances qui jouerait un rôle de catalyseur pour la croissance et le développement global de l’Afrique et qui est intégré dans le cadre d’un marché commun africain. Le secteur minier doit également englober les liens en amont et an aval qui favorisent l’industrialisation, l’enrichissement, le développement des services et un partenariat mutuellement bénéfique entre l’Etat, le secteur privé et les communautés locales affectées par l’exploitation minière et d’autres acteurs. Le défi qui se pose est énorme étant donné que les intéressés qui bénéficient du statu quo ne vont pas accepter facilement ces changements. Il faudra lutter contre le régime commercial international et d’autres arrangements commerciaux favorables aux investisseurs étrangers grâce à l’OMC, aux accords bilatéraux et autres afin de libérer le secteur minier africain. Quelques gouvernements africains, qui s’intéressent plutôt à la recherche de rente au lieu de transformer le secteur minier en un secteur industriel avec des liens à travers l’économie, peuvent également s’engager en faveur des sociétés multinationales au détriment de leurs propres populations. Tout compte fait, il faudra reconnaître que malgré la richesse minière de l’Afrique, la pauvreté sévit sur le continent. D’autres facteurs peuvent être à l’origine de cette situation mais une simple analyse de cout-bénéfice par les groupes comme l’ISG et la Vision Minière Africaine suggère que « une exploitation, transparente, équitable et optimal des ressources minière peut entrainer la croissance durable et le développement socio économique en Afrique. L’Afrique peut y parvenir si elle dépend moins des societes étrangères multinationales dans le secteur minier et intégré ce secteur dans l’économie globale grâce à une approche d’industrialisation axée sur les ressources tout comme dans les pays nordiques. La mentalité d’enclave minière qui fait de l’Afrique un fournisseur de minéraux bruts doit être révolue. |
| Last Updated ( Wednesday, 27 March 2013 11:38 ) |
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