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| Les pays nantis compromettent la réussite du sommet, déclarent le G77 et la Chine |
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| Written by Meena Raman |
| Thursday, 17 December 2009 17:12 |
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Préoccupés par leurs propres intérêts au dépens du bien général, les pays nantis ont effectivement compromis les pourparlers préparatoires de Barcelone, en prévision du sommet de Copenhague sur le climat en décembre, écrit *Meena Raman.
Les pays du Groupe de 77 et la Chine, pour la plupart, ont constaté très peu d’engagement de la part des pays développés pour faire avancer les négociations pendant les pourparlers de Barcelone qui viennent de se terminer dans le Cadre des Nations Unies sur la Convention relative alu Changement Climatique (CNUCCC).
Plutôt, le Groupe a constaté que les pays développés se sont activement engagés en dehors du processus, compromettant ainsi en réalité les négociations du CNUCCC et étouffant ce qu’on attend du Sommet de Copenhague.
Voilà les observations finales faites à la séance de clôture de la Septième Session du Groupe de Travail ad hoc sur l’Action Coopérative à long terme (GTAACL) le 6 novembre. M. Michael Zammit Cutajar a présidé la session.
La prochaine session du GTAACL aura lieu à Copenhague, conjointement avec la 15è Réunion de la Conférence des Parties (CP) du 7 au 18 décembre. Le GTAACL a été autorisé à Bali à conclure un accord et à prendre une décision à la 15è réunion de la Conférence des Parties.
Intervenant au nom du G77 et de la Chine, Ambassadeur Ibrahim Mirghani du Soudan, a réaffirmé la position du Groupe selon laquelle le processus du CNUCCC, à ce stade critique, constitue l’unique forum légitime de ces négociations. Il a en outre condamné les tentatives de placer entre les mains d’un petit nombre de pays la détermination de l’issue convenue à Copenhague, qu’il soit au plus haut niveau politique. Le Groupe a exhorté les pays développés à mettre fin à de telles tentatives qui entraveront les efforts à déployer pour parvenir à un résultat équilibré, ambitieux, global et juridiquement contraignant. Le Groupe a aussi exprimé sa préoccupation face aux efforts déployés par certains pays d’exclure les négociations de la compétence du Sommet de Copenhague et de juger d’avance et de compromettre le processus mené dans le cadre de l’unique Convention juridiquement contraignante, en vue d’aborder le problème du changement climatique.
Le G77 et la Chine ont exprimé leur préoccupation face à des tentatives visant à minimiser le niveau d’ambition du résultat attendu du Sommet de Copenhague. Il a déploré ‘les progrès lents réalisés pendant cette session à Barcelone, malgré les efforts soutenus déployés par le Groupe de s’engager pleinement et de façon constructive et de bonne foi dans des négociations de fond menant à un résultat équitable, juste et ambitieux à Copenhague. Il a confirmé sa compréhension selon laquelle le travail qui a été fait à Barcelone sera accepté au moment où il participe à la huitième session de l’AWC-LCA à Copenhague.
Le Groupe a fermement maintenu sa position sur les deux voies de parallèles de négociations (de l’AWC-LCA et du Groupe de Travail ad hoc sur d’autres engagements pour les Parties à l’Annexe I dans le cadre du Protocole de Kyoto dans ce processus sans exporter les parties vitales de l’autre, à savoir le Protocole de Kyoto, dans l’autre, à savoir la Convention, affaiblissant ainsi le principe de responsabilités communes mais différenciées et, en ce faisant niant les responsabilités historiques.
Le Groupe prévoit une issue qui doit inclure un accord bien fondé sur des objectifs ambitieux de réduction, signé par les pays développés qui ne sont pas parties au Protocole de Kyoto et sur les moyens de mise en œuvre (du CNUCCC). Le Groupe prévoit un mécanisme financier efficace sous l’autorité de la Conférence des Parties pour la mise en œuvre des engagements liés à la mise à disposition des ressources financières ; un mécanisme efficace pour la mise au point et le transfert de technologie et un arrangement institutionnel pour assurer les finances pour la mise en œuvre des actions d’adaptation.
Le Chef de la délégation chinoise, So Wei, se référant évidemment aux Etats-Unis, a demandé aux pays développés qui attendaient pour que les pays en développement agissent de penser à l’avenir. « Les pays en développement vous ont déjà laissés derrière, et on ne peut plus nous utiliser comme excuse pour votre incapacité d’agir », a dit So Wei. « Réveillez-vous et constatez que le Sommet de Copenhague n’est que quelques kilomètres d’ici, vous avez beaucoup à faire pour pouvoir vous rattraper. Si non, vous n’allez échouer dans la course vers Copenhague et au-delà », a-t-il ajouté.
La Chine a dit qu’elle prend au sérieux la menace du changement climatique et a déjà intégré les réponses à donner à ce phénomène dans le développement social et économique du pays. La lutte contre le changement climatique est devenue une partie intégrante de sa stratégie de développement durable national. La Chine continuera à faire preuve d’initiative dans le rôle qu’elle joue au niveau des négociations et à tout faire pour contribuer à la réalisation d’un résultat ambitieux, bien fondé, significatif et contraignant à Copenhague.
Shyam Saran, envoyé spécial du Premier ministre de l’Inde sur le changement climatique, a rejeté de façon catégorique les tentatives de déclarer déjà l’échec de Barcelone et de minimiser les attentes de Copenhague.
Il a souligné le fait que l’Inde n’est pas disposée à y renoncer à ce stade et a maintenu l’audace d’espérer soutenir un résultat juridiquement contraignant au niveau international qui équivaut à relever les défis urgents et incontestables du changement climatique dans le monde. L’Inde a dit que si ceux qui ont promis d’être à l’avant-garde veulent se laisser devancer, en tant que pays en développement, elle ne ralentira pas ses efforts. A plusieurs égards, les pays en développement font déjà beaucoup plus au sujet du changement climatique que leurs partenaires des pays développés. Ils se tournent en rond. « Je vous montrerai mes objectifs lorsque vous me montrez les vôtres », a dit M. Saran (se référant aux pays développés, refrain).
Pour arriver à un résultat concret à Copenhague, l’Inde a dit qu’une composante clé qui manque est la volonté des Parties à l’Annexe I de proposer des objectifs de réduction importante d’émissions à long terme et à court terme. Les Parties au Protocole de Kyoto doivent le faire dans le cadre de leurs obligations légales. Ils doivent s’engager à des objectifs spécifiques juridiquement contraignants pour la seconde période d’engagement qui commence en 2013. Les pays qui ne sont pas parties au Protocole de Kyoto doivent s’engager aux engagements comparables, ce qu’ils sont obligés de faire dans le cadre du Plan d’Action de Bali.
Quel que soit le résultat qui sera réalisé à Copenhague, l’Inde a dit que les Parties doivent s’assurer que le CNUCCC après Copenhague reste toujours la base d’une action pour le changement climatique au niveau mondial. Le Plan d’Action de Bali continuera aussi à assurer le mandat pour tout travail ultérieur et les Parties doivent se protéger contre un résultat faible déclaratoire qui devient par la suite le modèle pour le travail futur, ce qui serait un revers.
Mootaz Ahmadein d’Egypte a dit que quelques progrès ont été réalisés, bien que ceci ne se fasse pas sentir sur tous les fronts. Il y avait toujours des différences au niveau de plusieurs aspects fondamentaux, en particulier la nature et l’envergure des attentes des pays tant développés qu’en développement ; la différenciation de responsabilités entre les pays développés et les pays en développement ; les sources et le montant des besoins de financement pour faire face aux conséquences du changement climatique ; l’ampleur et le rôle des marchés et du secteur privé au niveau du financement des actions d’adaptation et de réduction dans le monde en développement ; et si ces mécanismes suffisent pour répondre aux obligations financières et de transfert de technologie des pays en développement dans le cadre de la Convention. Le résultat qui sera réalisé à Copenhague doit donc refléter l’équilibre fragile qui existe entre ces considérations.
Mais en réalité, les perspectives des deux groupes sont différentes de ce résultat qui est juridiquement contraignant : les pays liés par l’Annexe I s’attendraient aux engagements de réduction de la part de toutes les Parties. Ils voudraient aussi que les pays en développement participent aux efforts de financement. De l’autre côté, l’Egypte et d’autres pays en développement s’attendent à ce que les pays développés s’engagent juridiquement et respectent le financement et le transfert de technologie en faveur des actions de réduction et d’adaptation.
« Nous cherchons un engagement solide et sérieux pour les objectifs de réduction d’émissions à moyen et à long terme de la part des Paries à l’Annexe I », a souligné l’envoyé égyptien ». L’Egypte a souligné que les différences conceptuelles doivent être abordées. Le moment est venu de comprendre que modifier la Convention ou déplacer les poteaux a pris fin ».
Nos partenaires doivent comprendre que, avant de demander à d’autres personnes de s’engager à nouveau, on doit commencer à mettre en œuvre ses propres engagements en vue de donner le bon exemple. Dans ce contexte, il pourrait être utile de commencer à penser à la rationalisation objective du texte, en éliminant les concepts controversés qui ne font pas partie du Plan d’Action de Bali, ou de la Convention et de transférer les questions ayant trait au Protocole de Kyoto à l’AWG-PK, a dit l’envoyé égyptien, en ajoutant que ‘les parties doivent comprendre que la réussite du sommet de Copenhague dépendra de la volonté politique de ceux qui disposent des moyens financiers et technologiques pour aborder les défis posés par le changement climatique’.
L’Afrique du Sud a exprimé sa déception face au manque de volonté politique des Parties des pays développés. ‘Au lieu de faire preuve de qualités de leadership, ils laissent les finances aux marchés et veulent que les pays en développement en souffrent. La technologie est laissée à la coopération. Les coûts liés à l’adaptation doivent être financés par les pays en développement. Il n’y a pas eu de progrès au niveau des négociations de Barcelone. Il y a lieu de renforcer le régime climatique qui résout la crise climatique et soutient le développement durable’.
L’Afrique du Sud a rejeté un résultat affaibli sous forme d’une déclaration politique. Elle veut un résultat à deux pistes juridiquement contraignant, pour l’amendement à l’Annexe B du Protocole de Kyoto (pour des réductions globales et individuelles des émissions pour les pays développés pendant la seconde période d’engagement) et un résultat séparé et juridiquement contraignant au niveau de la piste de Copenhague.
La Grenade, au nom de l’Alliance des Petits Etats Îlots (AOSIS), a dit que le Groupe ne se déplacera pas à Copenhague pour réaffirmer le statu quo. Il y a lieu de travailler avec un sens accru d’urgence pour arriver à un résultat ambitieux et global qui préserve la nature juridique des engagements dans le cadre du CNUCCC et du Protocole de Kyoto. Pendant 15 ans, on dépendait des décisions de la Conférence des Parties.
Préoccupations
Les états membres de l’AOSIS voulaient un résultat juridique et non des décisions de la Conférence des Parties. Ils ont exprimé une profonde préoccupation au sujet de quelques éléments qui voulaient réduire les attentes collectives au niveau de la forme juridique et de la substance du résultat. Ils ont dit que la solution ne réside pas dans les faibles déclarations politiques mais dans la conclusion d’un accord juridiquement contraignant qui est à la hauteur de l’envergure et de l’importance du changement climatique. Ils ont lancé un appel à la conclusion d’un deal juridique. S’exprimant au nom du Groupe Africain, l’Algérie a souligné la nécessité de nouveau fonds qui doivent représenter 1,5% du PIB mondial pour soutenir l’atténuation et la réduction de la vulnérabilité aux effets du changement climatique et développer la résilience. Elle a mis l’accent sur les résultats du processus à deux voies dans le cadre du AWG-KP et AWG-LGA à Copenhague. L’une servira à l’amendement de l’Annexe B au KP (réduction des émissions de l’Annexe 1 sur les parties pour la seconde période d’engagement) et l’autre aboutira à un résultat contraignant dans le cadre d’une convention. S’il n’y a pas de résultat au niveau du processus de Kyoto, il n’y aura pas de résultat contraignant l’issue du AWG-LCA. Il faudra assez de volonté politique et des progrès dans les négociations.
Frustration La Bolivie a exprimé des sentiments mitigés et des frustrations au titre des négociations. Elle a fait remarquer que les pays développés doivent payer leur dette historique vis-à-vis les pays en développement pour leurs émissions et doivent en conséquence s’engager à effectuer des réductions importantes des émissions pour la seconde période d’engagement dans le cadre du Protocole de Kyoto et accomplir le mandat du Plan d’Action de Bali. Le pays de l’Amérique Latine a rejeté les efforts des pays développés destinés à convaincre les pays en développement de se fier au marché pour obtenir des fonds, alors que la confiance au marché a abouti à la dévastation dans la vie des millions de personnes suite à la crise financière.
La Norvège a déclaré que suite à la conférence de Bali, elle avait l’impression qu’il y aurait un traité à ratifier mais cette impression est maintenant peu réaliste. Une décision politique doit préciser que le résultat final doit être ratifié.
Les pays industrialisés doivent jouer un rôle principal avec la participation de tous les pays en développement à l’exception des PMA. Il faudra aussi des mécanismes supplémentaires pour élargir les marchés.
S’exprimant au nom du Groupe Faîtier (les pays membres européens qui ne sont pas membres de l’UE), l’Australie a déclaré qu’il était ravi des progrès réalisés à Barcelone. Son objectif à Copenhague serait d’assurer un résultat robuste, global et obligatoire sur le plan juridique qui permettra de réduire considérablement les émissions. Il faudra des réductions assez importantes au niveau des pays développés en vue de prendre en compte dans la mesure du possible l’accroissement des émissions futures des pays en développement. Elle a invité le principaux pays en développement à intérioriser leurs promesses.
Les Etats-Unis ont fait comprendre que des progrès importants ont été réalisés à Barcelone. Ils ont déclaré que les questions étaient compliquées et exigeaient une transformation totale du système énergétique. La contribution de tous les pays est nécessaire car ils veulent voir un accord efficace et équitable.
L’Union Européenne a déclaré qu’elle veut un accord ambitieux qui permettrait de maintenir l’augmentation de la température à moins de 2 degrés Celsius. Il faudra évoluer à partir du Protocole de Kyoto en y ajoutant les éléments essentiels en vue de le transformer en un accord juridiquement obligatoire sur le plan international. Il s’agit notamment des objectifs quantifiés de réduction des émissions, des mécanismes de flexibilité, l’usage des terres, le changement de l’usage des terres, les mécanismes d’application et un cadre pour des actions renforcées en faveur des pays en développement.
Accord
Les parties doivent convenir d’une réduction mondiale de 50% des émissions d’ici 2050, avec une réduction de 80 à 95% par rapport aux niveaux de 1990 dans les pays développés. Concernant les objectifs de 2020, les pays développés doivent réduire avec urgence 30% des émissions alors que les pays en développement effectuent une réduction de 15 à 30% de leurs émissions. Concernant le financement, l’EU a indiqué que les financements publics et privés sont tous importants.
Elle a également souligné qu’il faut un déboursement rapide des fonds dont le montant s’élève de 5 à 6 milliards d’euros pendant les trois premières années de l’Accord de Copenhague. Le Japon a ajouté qu’un nouvel instrument juridique efficace et équitable est nécessaire après 2012. Le Japon a également suggéré que toutes les parties doivent clarifier leurs actions de mitigation aux fins d’inclusion dans l’instrument international. Meena Raman écrit pour SUNS publié par Third World Network, Malaysia |
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