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| L’Afrique maintient fermement son programme relatif au changement climatique |
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| Written by Cornelius Adedze |
| Thursday, 17 December 2009 16:07 |
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La majorité des gens ne conteste pas les effets désastreux du changement climatique sur l’existence de l’homme, mais les négociations menant aux pourparlers sur le changement climatique, qui auront lieu à Copenhague montrent que, pour certains d’entre eux, en particulier ceux qui émettent le plus grand volume de carbone, à savoir les pays développés, c’est la politique et la manifestation du pouvoir comme d’habitude, écrit *Cornelius Adedze.
Les pourparlers préparatoires en prévision du Sommet des Nations unies qui se tiendra à Copenhague, ont encore une fois dévoilé le fossé net qui existe entre les pays nantis et les pays pauvres. Au milieu de toute cette opposition manifestée par le monde développé riche, l’Afrique, qui est une des nations les plus touchées par le changement climatique et l’une des plus pauvres, continue à maintenir sa revendication d’un bon arrangement à Copenhague.
De Kyoto en passant par Bali, de Bangkok à Barcelone, tout portait à croire qu’il serait difficile d’arriver à des arrangements visant à lutter contre les effets néfastes du changement climatique. Les pays développés, ayant comme chef de file les États-Unis d’Amérique, se sont opposés aux mesures exposées dans le nouvel accord qui affaiblit le Protocole de Kyoto.
Lors de la réunion sur le changement climatique qui s’est tenue à Bali en décembre 2007, on parlait de la possibilité de traiter avec les Etats-Unis qui constituent un obstacle majeur aux négociations, s’ils manquent de revenir au Protocole de Kyoto, comme un cas spécial par leur engagement spécial dans le cadre de la Convention relative au Climat, dont ils sont membres.
On s’attendait à ce que les pays développés « fassent connaître à l’heure qu’il est le niveau de leur engagement de réduire leurs émissions de gaz contribuant à l’effet de serre après 2012, lorsque la première période d’engagement du Protocole de Kyoto (PK) prend fin pour que la deuxième période puisse commencer en 2013 ». Mais jusqu’à présent, ils n’ont pas manifesté la volonté de s’engager à poursuivre la seconde période du Protocole de Kyoto. En effet, tout laisse à croire que certains d’entre eux veulent renoncer complètement au protocole. Le Protocole de Kyoto avait lié les pays développés aux engagements de réduire de façon collective leurs émissions de 5% d’ici à l’an 2012 (par rapport à 1990) pendant la première période. La réduction proposée après 2012 doit réduire le niveau des émissions de 25% à 40% d’ici à l’an 2020 (par rapport à 1990). Toutefois, les pourparlers se sont poursuivis depuis trois ans sans qu’aucun accord n’intervienne.
En ayant visiblement assez de ces pourparlers, les pays africains, les pays du G77 et la Chine prévoient l’échec du Sommet de Copenhague et, par extrapolation, du régime international du climat lui-même.
« Nous demandons aux pays développés qui ont souscrit au Protocole de Kyoto de maintenir leur position à l’égard du PK et d’entamer des négociations sérieuses pour arriver à une seconde période d’engagement », ont dit les pays du G77 et la Chine dans une déclaration publiée le 9 octobre.
« Nous considérons aussi que la rencontre de Copenhague connaîtra un échec désastreux si aucun résultat ne se dégage pas des engagements des pays développés pendant la seconde période d’engagement du Protocole de Kyoto », ont-ils ajouté.
Afrique
Pour sa part, l’Afrique a déclaré, par l’intermédiaire du premier ministre de l’Ethiopie, Meles Zenawi, que la délégation africaine ne revendiquera pas d’indemnisation, mais luttera en faveur d’une action mondiale qui réduira l’impact d’un changement climatique. « Nous n’accepterons jamais un arrangement mondial qui ne limite pas au niveau équitable minimum le réchauffement de la planète, quel que soit le niveau d’indemnisation et d’assistance promises », a-t-il affirmé. Zenawi, élu par l’Union africaine comme chef de la délégation africaine à Copenhague, était soutenu par l’Ambassadeur Lumumba D’Aping du Soudan, président des pays du G77.
« L’Europe, le Japon et les Etats-Unis doivent vite trouver une solution qui allie leur réduction considérable des émissions à l’équité envers les pays en développement, en vue d’éviter le désastre à Copenhague », a-t-il dit.
Auparavant, Zenawi avait déclaré que, « si besoin est, nous sommes prêts à quitter toute négociation en signe de protestation, qui menace d’être un autre viol de notre continent », a-t-il dit ; une menace qui a été mise à exécution bien que brièvement à Barcelone lors des derniers pourparlers avant le sommet de Copenhague.
Selon le document conjoint de la prise de position de l’UA, les pays riches doivent réduire leurs émissions de gaz à l’effet de serre d’au moins 40% en-dessous des niveaux de 1990 d’ici à l’an 2020 et d’au moins 80% en-dessous des niveaux de 1990 d’ici à l’an 2050. L’Afrique a aussi demandé qu’un fonds d’adaptation au changement climatique mieux organisé de 67$EU milliards par an soit mis en place d’ici à l’an 2020.
Jusqu’à présent, les pays développés ont promis en moyenne moins de 10%. Les Etats-Unis d’Amérique, le deuxième plus grand pollueur du monde, ont promis de réduire les émissions d’environ 4% des niveaux enregistrés en 1990, ou bien de 17% des niveaux enregistrés en 2005.
Pollueurs
Les parties au Protocole de Kyoto émettent actuellement environ 25% de tous les gaz à l’effet de serre. L’industrialisation rapide des pays émergeants, comme la Chine et l’Inde, a été accompagnée d’un niveau élevé d’émissions. Le monde en développement contribue actuellement presque 50% de l’ensemble des émissions.
Le reste est en grande partie attribué aux Etats-Unis. La Chine est le plus grand pollueur qui émet 6,7 milliards de tonnes chaque année, soit 21,5 pour cent, suivi par les Etats-Unis avec 6,4 milliards de tonnes, soit 20 pour cent. Toutefois, chaque personne en Chine n’émet que 5,5 tonnes par rapport aux 21,5 tonnes qu’émet chaque citoyen américain.
Selon un article publié récemment dans le journal scientifique Bio-géoscience, l’Afrique tout entière n’émet que 3,7% des émissions dans le monde, y compris l’Afrique du Sud qui émet 1,5% du gaz carbonique dans le monde. L’émission de gaz carbonique du continent tout entier entre 1990 et 2004 était moins de la moitié des émissions de gaz carbonique du Royaume-Uni pendant cette période.
Compte tenu de ces statistiques stupéfiantes, les pays développés devaient s’engager au transfert de technologie vers les pays en développement sur la base des principes d’équité. L’Afrique a besoin d’environ 300$EU milliards de soutien financier et de transfert technologique en vue d’atténuer l’impact du changement climatique, selon le document de prise de position de l’UA. Le continent exige que les États développés engagent 0,5 pour cent de leur PIB pour mettre en œuvre des actions en matière de changement climatique dans les pays en développement.
Financement
Les députés africains présents à la réunion de Nairobi, au Kenya, se sont associés au débat. Dans une déclaration publiée à l’issue de leur réunion, ils ont affirmé : « L’argent destiné au financement du changement climatique doit venir d’une autre source en complément (de l’aide au développement) et doit être mis à disposition sous forme de subventions et d’autres mécanismes et instruments financiers innovateurs », et que l’argent doit être engagé avant les pourparlers de Copenhague. Malheureusement, jusqu’ici cet engagement financier ne s’est pas matérialisé et il se peut qu’il ne soit pas réalisé.
Toutefois, les dirigeants africains estiment que la conclusion à l’avance d’un arrangement d’indemnisation évitera la répétition du cas du Protocole de Kyoto qui a vu le retrait de certaines nations riches de l’arrangement longtemps après que les nations en développement y avaient apposé leurs signatures.
Le danger auquel font face les pays africains à cause du changement climatique a été dûment noté par la Banque mondiale dans le Rapport sur le Développement du Monde de cette année. Mlle Marianne Fay, économiste principal de la Banque mondiale, a affirmé, au moment de la publication du rapport que :
« Les pays de l’Afrique sub-saharienne sont touchés de façon disproportionnée par le changement climatique à tel point qu’ils ont besoin davantage de soutien financier et technologique pour aider leurs populations vulnérables à s’adapter au changement climatique, tout en répondant aux besoins énergétiques urgents ».
Besoins
Les besoins de l’Afrique qui lui permettront de s’ajuster au changement climatique comprennent des technologies en teneur inférieure de carbone, des projets économes en énergie et des technologies d’énergies renouvelables dont elle ne dispose pas jusqu’ici à cause du manque de financement et de l’incapacité d’obtenir les droits de propriété intellectuelle.
Une proposition de l’Union européenne d’augmenter le financement en faveur des actions d’atténuation et d’adaptation au changement climatique pour les pays en développement a été aussi faite, mais on estime qu’elle imposera aux pays pauvres des dépenses peu réalistes. Cette proposition estime à 100 milliards d’Euro (à peu près 146$EU milliards) le coût liés au changement climatique dans les pays pauvres d’ici à l’an 2020 et demande aux gouvernements des pays développés d’en contribuer par an entre 32$EU milliards et 73$EU milliards, l’UE s’engageant à contribuer entre 3$EU milliards et 22$EU milliards – les chiffres définitifs sont subordonnés à la qualité de l’arrangement en matière de climat qui sera réalisé à Copenhague en décembre. La proposition affirme que le reste de l’argent doit provenir des pays en développement eux-mêmes, qui doivent contribuer entre 20% et 40% du montant total, des marchés internationaux de carbone qui, selon la Commission, pourraient valoir jusqu’à 56$EU milliards par an.
Un membre de l’équipe africaine de négociation, William Kojo Agyeman-Bonsu, pense que la proposition selon laquelle les pays pauvres doivent supporter 40% des coûts liés au changement climatique « n’est qu’une plaisanterie », comme si, touchée durement par le phénomène du changement climatique, l’Afrique contribue moins au problème. En effet, l’idée maîtresse de la position africaine de négociation est, au fond, le fait que l’Afrique joue un rôle presque négligeable dans les causes qui provoquent le changement climatique
Le premier ministre Zenawi souligne ce fait, d’où l’appel qu’il a lancé en faveur de l’adoption à Copenhague d’un accord soutenu, équitable et pratique, parce que « l’Afrique n’a rien contribué au réchauffement de la planète, mais le continent sera le plus touché par le changement climatique par rapport à d’autres continents ».
Une simple déclaration
Pour sa part, le président de l’Union africaine, Ping, dit que l’Afrique ne cherche une « simple déclaration », mais des mesures concrètes et pratiques susceptibles d’atténuer les présentes crises climatiques et de sauver le continent des catastrophes. « Cette menace met le continent non seulement en danger mais aussi notre vie même », a ajouté M. Ping.
Les groupes de la société civile africaine, à l’instar de la Pan African Climate Justice Alliance (PACJA), ont demandé l’inclusion des négociations en vue de sauvegarder la vie et les moyens d’existence des communautés les plus vulnérables, dont la majorité se trouve en Afrique.
Le coordinateur de la PACJA, M. Mithika Mwenda, a exhorté les pays industrialisés à se mettre d’accord sur des réductions considérables des émissions à l’intérieur de leurs pays et le transfert massif de technologie pour adaptation et transition au développement en teneur inférieur de carbone.
La PACJA a aussi condamné les efforts délibérés des pays développés de tuer le Protocole de Kyoto et l’assassinat effectif des espoirs nourris pour la justice climatique.
« Devons-nous permettre que de telles choses se reproduisent ? L’avenir des négociations sur le climat et, en effet, celui des populations vulnérables et de la planète ne peut pas être à la merci de la politique et des intérêts d’un État particulier. Nous ne pouvons pas permettre que l’ambition politique du régime climatique international soit compromise par des positions récalcitrantes », a dit M. Mithika.
Ils ont lancé un appel aux négociateurs des pays développés de mettre fin au jeu interminable de chaises musicales et de déplacement des poteaux par l’introduction de concepts nouveaux qui prêtent à confusion, tels qu’un accord politiquement contraignant ou des engagements politiques juridiquement contraignants qui ont été inventés pour semer la confusion pendant les négociations.
La PACJA a aussi demandé que les tentatives de l’UE et d’autres pays développés d’arriver à une déclaration à Copenhague par opposition à un Accord juridiquement contraignant post-2012 soient rejetées, en ajoutant que l’offre présentée n’est pas un bon arrangement ; donc les pays africains doivent le rejeter en tant que mauvais arrangement.
« Lors de la récente visite du président Obama en Chine, les Etats-Unis et la Chine ont promis de faire avancer le programme relatif au changement climatique. Selon Obama, Copenhague « va inclure les objectifs de réduction d’émissions des pays développés et les actions appropriées nationales d’atténuation mises en place par les pays en développement ». Tout laisse à croire qu’il y a eu du progrès au niveau de la rhétorique depuis Barcelone, mais le diable, dit-on, réside dans les détails. Copenhague peut donc sauver le monde ou, à l’instar de Kyoto, remettre l’action à un autre jour, ce qui est une probabilité, car on parle déjà d’une rencontre au Mexique en décembre 2010.
Quel que soit le résultat qui sera réalisé à Copenhague, l’Afrique doit maintenir fermement sa position pour se protéger de la sécheresse, des inondations éclaires et de la pauvreté qui en résulteront.
*Cornelius Adedze et Rédacteur d’African Agenda. |
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